Du camping en plein hiver

Jour 4 :
Je me réveille tôt comme à mon habitude. Je file voir à la fenêtre et là, tout est blanc de neige, pas la moindre petite trace de voiture. La cata. Je vais voir les prévisions météos. Mauvaises, de la neige, -6°C à Saint Moritz en moyenne dans la journée et -11°C au col que nous devons emprunter pour rejoindre l’Italie.

Je commence à désespérer. Je nous vois déjà bloqués plusieurs jours ici. Tant pis, si cela doit-être le cas, à défaut de faire de la moto, nous irons skier. Après tout, c’est les vacances, non? Voyager c’est aussi accepter l’imprévu et être capable de s’adapter à la situation. Enfin, il ne faudrait pas que cela dure top longtemps car mon compte en banque risque de fondre bien plus rapidement que la neige à ce rythme-là!  

Je décide de laisser dormir Raphaël puisque nous ne partirons pas ce matin. Je reste de longue minutes sous la  douche à laisser couler l’eau sur mon corps tout en laissant mon esprit vagabonder. Je retourne voir à la fenêtre espérant follement que le chasse neige serait passé. Et là, surprise, miracle, ou intervention des Dieux des voyageurs, je ne sais pas.

Rien, pas le moindre petit flocon de neige sur la route! Difficile à croire, j’ai dû avoir la berlue! Je n’en reviens d’ailleurs toujours pas. C’est la première fois que cela m’arrive. Est-ce que je vieillirais mal? Mais ce n’est pas le moment de philosopher, nous avons de la route à faire. Il faut redescendre le plus vite possible en Lombardie. Je ne veux pas braver la météo trop longtemps!

Je réveille donc Raphaël et nous allons déjeuner. Je lui raconte ma mésaventure et bien sûr, il se moque de moi sans retenue! Je vais chercher la moto qui a dormi dehors dans dehors sur le parking, et là, nouvelle surprise, la selle est toute givrée. Pour la première fois de ma vie je vais devoir la gratter. Je n’ai rien de prévu pour cela, mais la carte magnétique de l’hôtel fait parfaitement l’affaire.

Je mets le contact.

Le thermomètre indique -10,5°C!

Qu’est-ce que cela va être au col! Heureusement, la moto est comme à son habitude exemplaire, elle s’ébroue au deuxième coup de démarreur. Je la laisse bien chauffer et retourne à l’hôtel.
On charge.
Paradoxalement, les sacs n’ont jamais été aussi vide. C’est que l’on a empilé les couches. Equipement maximum pour résister au froid. Effet bibendum garanti!

C’est la première fois que je roule par une température aussi basse. Mais peu importe, le plaisir est ailleurs. Il fait grand beau temps, le soleil illumine le paysage enneigé. Tout est immaculé. Un paysage de carte postale. Nous croisons des skieurs de fond dans les champs alentours.

La route est sèche et en très bonne état. Je conduits malgré tout avec la plus grande vigilance. Je redoute la plaque de verglas à la sortie d’un virage. Raphaël est serein derrière  et est aux anges tellement c’est beaux. Je connaissais la Suisse mais uniquement l’été.

Il faudrait toujours visiter les pays à différentes saisons, l’ambiance y est souvent très différente

Au final, l’absence de vent et l’impressionnante superposition de couches de vêtement font que l’on ne ressent même pas le froid. Je roule cool, torturé en permanence entre l’envie de profiter de ce paysage féérique et l’obligation impérieuse d’avoir les yeux rivés sur la route pour anticiper au mieux tout danger. A ces températures le verglas est toujours un risque majeur à moto.

La route est belle, l’atmosphère et le calme régnant me gagnent et je me décontracte petit à petit, profitant de l’instant.  Le col est franchi sans soucis toujours sous le soleil. Puis nous redescendons sur les berges du lac de Côme. La température remonte progressivement.

Nous nous arrêtons déjeuner à Lugano, en Suisse, sur les berges du lac du même nom. Un petit restaurant, en terrasse, avec vue imprenable sur le lac, ciel bleu et soleil. Il ne fait que quelques degré dehors mais nous sommes équipés et profitons de ce moments. Le repas est réellement succulent, mais nous sommes en Suisse. Deux plats, deux dessert et deux boissons 90€.

Au final, une journée et une nuit en Suisse m’auront coûté plus cher que tout le reste du voyage! Concernant les voitures qui passent, c’est à l’avenant, les Bentley, Ferrari, et grosses allemandes se succèdent, mais la plus populaire  reste la Porsche Cayenne. On n’en voit autant que de Clio chez nous, c’est pour dire. 

Mais la route nous appelle une fois de plus

Ce soir nous dormirons en Italie, dans la vallée d’Aoste. Il est temps de se remettre en route.

Comme il n’est pas possible de passer par le nord, nous devons redescendre et retraverser l’horrible région entre Milan et Turin. Ce coup-ci, je décide de ne pas prendre l’autoroute, pour tester. Grave erreur! Une nationale bondée de voitures et camions et truffée de ronds-points.

J’ai eu l’impression de passer mon temps à monter et descendre les rapports et de bondir de rond-point en rond-point. Un calvaire. Et encore, j’ai doublé en permanence. En voiture, cela aurait été tout simplement abominable.

Pour me motiver, je fixais au loin les montagnes qui ne se rapprochaient que trop lentement à mon goût. Mais en milieu d’après-midi, enfin, nous quittons cette nationale honnie pour retrouver une petite route de montagne. Le sourire revient.

Nous grimpons et tout d’un coup s’ouvre devant nous la vallée. Nous nous arrêtons à l’office du tourisme pour chercher un camping. Et ce coup-ci, nous en trouvons un! Raphaël est comblé. Depuis le temps qu’il voulait camper!

Nous filons nous installer. Le camping est désert. Une fois la tente montée, nous allons faire quelques courses. Ce soir, pas de restaurant, nous préparons notre repas et profitons de la soirée dehors, seuls au monde. C’est lui qui s’affaire, s’occupe de tout, allume le réchaud. Il est aux anges.

Instant magique

Après le lit king-size ce soir, ce sera le duvet sous la tente.

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