Essai longue durée : pneus Mitas E07 AR et E10 Av

J’ai voulu essayé une voie intermédiaire qui consiste à mettre un pneu mixte à l’arrière et un pneu plus TT à l’avant qui s’use moins vite. Mon dévolu c’est porté pour le mitas E07 (50% off road avec bande de roulement) à l’arrière et le E10 (70% off road) à l’avant. J’ai pris les versions Dakar qui sont renforcées, l’objectif étant de voyager sur la piste. Après en avoir discuté avec mon compagnon d’aventure sur sa 990 ADV qui a trouvé l’idée intéressante, il a décidé de monter un K60 à l’arrière et un TKC80 à l’avant. Du coup, je pourrais faire un petit comparatif même si les motos et les styles de conduites sont différents.

Evidemment je voulais tester leur longévité et de leur comportement sur route et en TT. Mais un autre paramètre m’intéressait, quelle pouvait être leur durée de vie extrême, au-delà des côtes réglementaires et surtout, dans ces conditions d’usure, quels étaient leur potentiel en TT. Pourquoi ce test? Parce qu’avant de partir en voyage avec des pneus j’aime bien savoir à quoi je peux m’attendre. Parfois les terrains rencontrés sont plus abrasifs que prévus et l’usure peut être prématurée. Et puis en dehors de ces préoccupations, je suis curieux!!

Rodage :

Que ce soit l’avant ou l’arrière, ce sont les premiers pneus que j’ai trouvé un peu long à roder. Pour l’arrière, au tout début, je me suis fait quelques frayeurs dans les rond points. Pas vraiment de glissades, juste une impression que le pneu bouge un peu, mais pas la même sensation que les crampons qui se déforment comme sur l’Anakee Wild quand ils sont neufs. C’est surprenant la première fois et peu sécurisant ensuite. Mais très rapidement cela a disparu.

Pour le E10, c’est passé 120km/h que l’avant devenait flou, là encore, rien de dangereux mais cela  aussi n’était pas très sécurisant. Et là aussi, très vite cela a disparu. N’étant pas un professionnel du pneumatique et comme les conditions de roulage était normales, j’ai mis cela sur le compte du rodage puisque ces phénomènes sont restés éphémères et conscrits au tout début de la vie des pneus.

Chose très étonnante, quand j’ai rodé mon second train de pneus E07/E10 je n’ai pas retrouvé ce comportement. Donc je ne sais toujours pas quoi cela été dû.

Asphalte sec :

Si je ne me faisait aucun soucis pour l’arrière, pour l’avant et le E10, je n’avais lu que des commentaires élogieux en TT mais pas grand-chose pour la route. J’y suis donc allé progressivement. Et là j’ai été bluffé, que ce soit seul, à vide ou chargé, avec Madame et les bagages, on peut rouler fort et être serein dans les gravillons. Alors j’en conviens, pour moi rouler fort ce n’est pas arsouiller comme un goret à faire frotter les repose-pieds, mais aller bien au-delà de ce que la raison voudrait, surtout dans une optique de voyage! Dit autrement, je n’ai pas réussi à atteindre les limites d’adhérence de ces pneus.

Asphalte mouillé :

Dès que les conditions d’adhérences deviennent précaires, je suis trop prudent/trouillard pour prendre le moindre risque et donc je n’ai pas d’avis objectif sur la question, sauf que pour mon utilisation ils font le job sans problème.

Tout Terrain :

Pour le coup, c’est le E07 à l’arrière que j’attendais au tournant. Je les ai testé dans toutes les conditions possibles. Le E10 à l’avant est là aussi bluffant, un rail. Il ne bouge jamais, que ce soit dans la caillasse, les ornières ou la gadoue. A titre de comparaison, je n’ai pas senti de réelles différences avec le Motoz Tractionator Adventure (75% off road). Pour le E07 à l’arrière c’est différent. Il bouge un peu plus tout en restant raisonnable. Il s’en tire aussi bien que l’Anakee Wild tout en bougeant un peu plus. Il faut juste s’y faire. Et dans le gras, le très gras même puisque durant notre périple de cet été nous avons été obligé de démonter le garde boue de la KTM qui s’était rempli de glaise il fait le job. Il faut juste calmer ses ardeurs et ne pas rentrer debout à fond dans le bourbier. Mais si on l’aborde prudemment sur le couple, ça bouge pas mal mais au final ça passe. Là on mesure pleinement la limite des pneus mixtes. Usés ou non, une fois remplis de boue ça glisse. Rien à voir avec un pneu plus cramponné comme le Tractionator Adventure par exemple. Quand c’est très boueux, dégonfler reste un vrai plus. Je ne l’ai pas précisé, mais les comportements reste les mêmes moto à vide quand nous partons une journée en TT ou chargé en voyage.

Dans les petits cailloux ou gravel road, pas de problème, il suffit de tomber un peu la pression et ils restent stables.

Même dans l’herbe mouillée, si on y va doucement évidement, ils passent sans problème.

Dans une optique de voyage au long cours, je cherche un pneu qui offre un bon compromis et qui en TT me permet de passer sereinement sans fatigue et stress excessif.

Bruit :

Cela reste un pneu à crampon et cela fait longtemps que je n’ai pas usé de pneus route, mais ce sont les moins bruyants que j’ai connus, quel que soit leur degré d’usure. Les Anakee Wild eux pouvaient être bruyants à certains stades de leur vie.

Tout Terrain en fin de vie :

Testé sur 1000 km de petites pistes et routes. Mes pneus au départ ressemblaient à ça

Le challenge était de les tester en condition de voyage. J’ai donc chargé ma moto comme si je partais pour un mois et nous n’avons pas dégonflés les pneus histoire de corser le test.

Et bien une fois une plus j’ai été agréablement surpris, nous sommes passé partout, même dans le gadouilleux et les auges à sangliers.

Alors il faut raison garder, les pneus ont perdus en efficacité. Ils sont beaucoup plus flous, avant comme arrière. L’avant n’est plus le rail que j’ai connu, il bougeait plus. Mais il n’est parti qu’une seule fois, et pas très loin puisque j’ai pu rattraper la moto sans finir lamentablement étalé par terre.

Pour l’arrière, c’est différent. Cela bouge pas mal, fun ou flippant, c’est au choix, mais là encore raisonnablement.

Là il faut poser les pieds, enfin avec mon niveau. Vous remarquerez que les pneus sont remplis, comme les K60 et TKC80 de la katoche pourtant en bien meilleur état que le miens.

Mais contre toute attente, alors que je pensais que nous resterions lamentablement plantés, nous sommes passés partout facilement et sans dégonfler!

Alors c’est sûr, l’arrière swingue pas mal, il faut baisser le rythme et être plus vigilant, on se fait plus de frayeurs mais ça passe! Et je vous rappelle que nous n’avions pas dégonflé.

Pour la partie sèche, caillasse pierriers et gravel road, rien de particulier, juste baisser un peu le rythme.

Longévité :

L’arrière sur la photo à 18 000 km l’avant 13 000. Me connaissant et sachant que j’utilise ma moto au quotidien avec beaucoup de ronds-points, de freinages et d’accélérations, je sais qu’avec ces pneus sur un voyage je pourrais faire à minima 15 000 pour l’avant (E10) et 20 000 pour l’arrière (E07).

Montage et démontage :

Quand on voyage il faut être prêt à réparer une crevaison seul sur la piste. Pour être tout à fait honnête, cela doit faire 20 ou 30 ans que je n’ai plus crevé en moto. En étais-je toujours capable (pas de crever, hein, de changer la chambre!)? Je traine tout le temps mes démontes pneus mais sans les utiliser. Mes pneus étant en fin de vie, j’ai décidé pour une fois de les changer moi-même histoire de voir si je n’étais pas trop rouillé!

Pour rappel, j’ai des Mitas de la série Dakar dont la structure est renforcée. Cela est sensé limiter les crevaisons mais ils ont la réputation d’être hyper rigide.

Une deux trois …c’est parti.

J’ai commencé par l’avant.

Etape 1 : décoller le pneu.

Pour se faire, j’ai deux méthodes. La première, rouler à plat jusqu’à ce que le pneu se décolle ou déjante (c’est encore mieux), la seconde,  démonter la roue et rouler sur le pneu avec une autre moto, bref, vous aurez remarqué, tout en finesse. L’objectif étant de simuler un voyage solo, je pars pour la première. J’enlève l’obus et là, première constatation, le pneu n’est pas entièrement écrasé une fois que je suis sur la moto. Je précise que j’ai une chambre à air renforcée de 4mm. Il a exactement le même aspect que lorsque l’on dégonfle pour le sable. Je pars … 5km, 10km, 20km et toujours rien. La moto est étonnant stable. Je me surprends à augmenter la vitesse jusqu’à 70km/h. Là je dis stop, ce n’est pas raisonnable, si je déjante la chute risque d’être violente. Je stabilise ma vitesse à 50km/h et roule … 40km. Rien. Je suis dépité. D’autant plus qu’évidement j’ai tourné autour de chez moi comme un ado boutonneux en scoot et que je suis passé 10 ou 20 fois devant mes voisins!

Je rentre dans mon garage démonte la roue en imaginant déjà sortir les serres joints pour décoller le pneu. Et là, une fois démonté, je réalise que le pneu est décollé.

La rigidité de ce pneu est hallucinante. Je ne sais pas si le fait d’avoir une chambre à air renforcée y est pour quelque chose, mais c’est clair, à moins d’être perdu au milieu de nulle part, si je crève, je roule à plat jusqu’à un vulcanisateur qui fera le boulot à ma place pendant que je siroterais une boisson fraiche. C’est ma conception de la mécanique, laisser faire les personnes plus compétente que moi!

Etape 2 : sortir un côté du pneu

La, je paye au prix fort la rigidité du pneu. Il faut être patient et travailler cm par cm avec les démontes pneus, et sur une jante de 21 pouce, il y en a des cm!

Une fois un côté enlevé, j’essaye de sortir la chambre, impossible. J’attaque donc d’enlever intégralement le pneu de la jante. Là aussi, cm par cm avec les démontes pneus. Finalement au bout d’une heure le pneu est enlevé et la chambre aussi.

Etape 3 : remonter le nouveau pneu.

La rigidité du pneu étant la même (je remonte un E10 Dakar) c’est de nouveau fastidieux, cm par cm avec les démontes pneus. Finalement, avec de la patience cela se fait.

Par contre, après, pour mettre la chambre à air en place, là c’est une autre histoire. L’avant étant en 90/90, le pneu est étroit et hyper rigide, la chambre à air renforcée très épaisse. Ce fut l’opération la plus dure et la plus galère. Le côté réconfortant, c’est que mes chambres à air de secours en cas de crevaison sont normales, non renforcées. Elles sont moins lourde et moins volumineuses. Donc, sur le bord de la piste, cela devrait être plus simple … ou pas! Mais pour le coup, arriver à glisser la chambre avec ce pneu qui ne s’étire pas fut compliqué. Il faut des doigts de fées que je n’ai pas!

Une fois la chambre en place, le remontage de l’autre côté du pneu s’est fait normalement, enfin, lentement cm par cm tellement le pneu est rigide. La clé du succès, ne pas s’énerver et y aller petit peu par petit peu.

Ensuite, gonflage avec mon compresseur (j’ai abandonné la pompe à pied il y a longtemps) et remontage de la roue.

Durée de l’opération, un peu plus de 2h sans le démontage et remontage de la roue. Je vous l’ais dit, je ne suis pas un pro!

Bilan :

J’ai été entièrement satisfait de cette monte. Elle correspond parfaitement à mon usage de ma moto, c’est-à-dire dans un esprit trail. Une seule moto, une seule monte de pneus pour tous les usages. Aussi bien pour aller bosser et remonter les files de voitures, que pour aller me balader, m’éclater en TT avec une bande de fou furieux ou pour voyager, en solo ou en duo.

En plus 150€ le train de pneu pour 15 000km c’est plutôt pas mal.

Ce sera donc ma nouvelle monte au quotidien et pour les voyages de moins de 15 000 km.

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